Résumé :
Le développement des activités de production maraichères contribue de façon significative au renforcement du pouvoir économique des populations rurales. Cependant, le volume d’activité d’une unité de production familiale est rapidement limité par le travail à mettre en œuvre pour satisfaire les besoin en eau d’irrigation des cultures. En effet, le temps consacré à l’exhaure et à la distribution de l’eau constitue une limite physique à la surface que peut cultiver un producteur (4h/jour d’activité physique intense pour environ 40 planches de 10 m²). Cette limitation physique de la surface cultivable par actif se traduit directement par une limitation des revenus à des niveaux trop faible pour garantir un accès aux services sociaux de base. L’amélioration de la production est, à ce stade, indissociable d’une amélioration des conditions techniques d’exhaure et de distribution d’eau d’irrigation.
Plusieurs éléments de contexte constituent des freins significatifs aux développements de l’irrigation. Premièrement, le renforcement de l’irrigation s’inscrit dans une dimension technique que les producteurs ne maîtrisent pas. Deuxièmement, l’offre technique et commerciale manque de lisibilité, dans ces performances agronomique et technico économique. Enfin, le contexte n’offre pratiquement pas de produits financiers pour la réalisation de petits investissements structurels dans le secteur agricole. Certains projets permettent, de façon ponctuelle, de doter un petit nombre de producteurs en matériel d’exhaure et de distribution. Cependant, dans la mesure où les bénéficiaires ne sont pas impliqués dans le remboursement des infrastructures et équipements mis à leur disposition, ces projets n’ont aucune capacité à se démultiplier et sont entièrement soumis à la disponibilité de nouveaux financements.
Le problème nécessite ainsi d’identifier un montage robuste et intégré de renforcement des unités de production familiales qui combine un volet technique, un volet pédagogique et un volet d’accompagnement financier.